ACCUEIL

                                           






                     









                        BONNE VISITE
Dimanche 15 avril 2007

on ne nait ni homo, ni hétéro

 

 

Médecin psychiatre et pédopsychiatre, Stéphane Clerget est à la fois chercheur et clinicien. Il travaille notamment sur la construction de l’identité sexuée chez l’enfant. Il revient pour "Illico" sur "Comment devient-on homosexuel ou hétérosexuel ?", le premier ouvrage qu’il consacre à l’homosexualité. Comment vous est venue l’idée de consacrer, à votre tour, un ouvrage à ce sujet ? Qu’apporte-t-il de nouveau ?

On trouve dans de nombreux ouvrages généralistes relatifs à la sexualité le chapitre convenu sur les "causes" ou les "origines" de l’homosexualité. Les réponses sont habituellement toutes aussi convenues. Chez les anglo-saxons, il est question du gène ou des hormones qui clôt toute réflexion. Or l’analyse des études montre qu’il n’y a pas de vérité génétique ni hormonale des préférences sexuelles. Chez nous, on en est surtout resté aux tout premiers écrits freudiens, mal interprétés de surcroît, et il est alors question pour les homos masculins de narcissisme, de perversion ou d’un excès de mère associé à une carence paternelle. Quant à l’homosexualité féminine, c’est encore plus lapidaire. D’autres part, les écrits sur le sujet prennent rapidement une dimension idéologique qui parasite la réflexion. Le simple fait que l’on questionne sur les "causes" de l’homosexualité sans se questionner sur celles de l’hétérosexualité démontre un a priori sur l’homosexualité, qui serait, sinon pathologique, du moins issue d’une déviance par rapport à un développement hétérosexuel qui irait de soi. Ce livre est, je crois, le premier à proposer un regard approfondi et synthétique sur la question en mêlant les approches psychologiques, médicales, historiques, sociologiques, ethnologiques, c’est-à-dire des points de vue complémentaires et qui se trouvent être convergents dans
l’affirmation du caractère essentiellement acquis de notre orientation
sexuelle. Il apporte aussi un regard neuf en tenant compte des recherches génétiques de ces quinze dernières années, et des avancées toutes récentes en neurobiologie. Enfin il est nourri des résultats de mes observations personnelles dans le cadre de psychanalyses d’enfants et d’adolescents. Les avancées actuelles en psychanalyse doivent beaucoup aux psychanalystes d’enfants.

Dans votre livre, vous avez choisi de convoquer de nombreuses disciplines (l’histoire, l’ethnologie, l’éthologie …) assez éloignées de la médecine, de la psychologie… Pourquoi un tel choix ? Est-ce par crainte d’enfermer votre propos dans un discours trop médical qui susciterait le rejet ?

Si une crainte était à l’origine de ce choix, ce n’était pas celle d’un hypothétique rejet mais plutôt celle que mon regard fût incomplet. Mais en effet, une approche purement médicale ou psychiatrique de l’homosexualité préjugerait de son caractère pathologique. La sexualité et l’amour chez l’homme ne sont la chasse gardée ni des médecins, ni des poètes. Ils ont leurs places dans chacun de ces champs d’études. C’est par l’ensemble des sciences humaines que l’on peut prétendre approcher de la vérité humaine. A la différence des animaux, notre sexualité est surtout dans la tête en raison de l’importance de notre néocortex. Et la dimension culturelle illustrée par l’approche historique, ethnologique ou sociologique influence la perception que chacun a de sa propre sexualité et de celle des autres, et participe à son orientation. L’environnement social et culturel donne des modèles et des voies possibles ou non, en fonction de notre apparence et de notre statut. Le regard des historiens rappelle la relativité des représentations sociales. Ainsi ai-je été surpris de découvrir qu’il a existé pendant des siècles un ancêtre de PACS au moyen age nommé le contrat d’affrèrement.

Votre ouvrage, d’entrée de jeu, affirme qu’on "ne naît pas homo mais qu’on le devient". Vous étayez cette thèse en faisant le point sur les dernières découvertes en neurobiologie ou en génétique avec des arguments qui semblent imparables. Comment expliquez-vous que de nombreux homosexuels et lesbiennes, à chaque génération, soutiennent encore la thèse que leur orientation sexuelle est innée ?

Si d'entrée de jeu j’affirme que l’on devient homo, c’est parce que je donne d’emblée le résultat de mes recherches. Je ne suis pas parti d’un a priori. J'affirme aussi, et ce n'est pas anodin, que l'on ne naît pas hétéro. Mais les réactions que j’ai recueillies autour de ce travail vont dans le sens de ce que vous dites. En effet des homos réagissent mal à l’idée du caractère acquis de leurs préférences sexuelles. Leurs parents aussi d’ailleurs qui se croient coupables d’avoir mal fait. C’est peut-être pour soutenir leurs parents que ces homosexuels défendent la thèse de l’inné. La réponse génétique a l’avantage d’être simple. Elle permet à ceux qui n’aiment pas se prendre la tête d’éviter de se poser des questions sur leur développement personnel. Homo ou hétéro que craint-on dans l’idée du caractère acquis ? Sans doute de perdre ses certitudes. L’idée qu’on aurait pu être différent réveille l’inquiétante perspective qu’on pourrait devenir quelqu’un d’autre. Et notre conscience de soi n’aime guère les jeux de miroir. Il y a des désirs qu’on a refoulés, homo ou hétéro et on n’a pas envie d’un retour du refoulé. Mais la principale raison est, je crois le jugement défavorable, quand ce n’est pas franchement hostile, qui continue d’être porté sur l’homosexualité. Et partant de là, le caractère acquis fait croire qu’il y a eu une malfaçon dans la construction de leur identité. "Revendiquer" le caractère inné est alors une façon de revendiquer dans leur construction l’absence de "faute", de "déviance" ou de "péché" au nom de quoi violence est faite à l’encontre des homos. Si l’homosexualité, comme cela le fut en d’autres cultures, n’était pas considérée de façon péjorative, peu importeraient aux personnes concernées le caractère acquis ou inné de son origine. Mais, dans mon livre, je montre que le caractère acquis de l’homosexualité n’implique pas un accident de parcours ou une déviation dans le développement. C’est acquis comme l’est par exemple le langage. Il y a différentes façons de s’exprimer aussi normales les unes que les autres. Bien sûr il existe des troubles du langage comme il y a des troubles du développement psycho-sexuel mais ils concernent autant les homos que les hétéros. Futurs homos ou hétéros nous passons tous par les mêmes stades de développement. Apprentissages, expériences, rencontres nous sont plus ou moins communes. Mais si l’on fait le même voyage, on en garde pas tous le même souvenir. Notre orientation sexuelle est la synthèse de ces souvenirs.

Votre livre, qui est respectueux des homosexuels, défend l’idée que l’homosexualité est en très grande part acquise. Or c’est justement en référence à cette idée (l’homosexualité est un choix) que de nombreux opposants aux revendications des homosexuels leur contestent le droit à une égalité sociale et juridique. Quel est votre avis et que pensez-vous de l’utilisation ainsi faite de cet argument ?

Le caractère acquis de l’homosexualité n’en fait pas un choix volontaire et conscient. On ne décide pas un beau matin de devenir homosexuel. Mais l’enfant a une part active dans ce qu’il deviendra, ne serait ce que dans ses choix d’identifications, dans ses choix de réaliser tel désir conscient ou non d’un parent, dans ses choix relationnels, dans ses renoncements aussi. Si l’orientation sexuelle est en partie la conséquence de certains de ces choix, c’est une conséquence indirecte.
Quand vous parlez des revendications a une égalité sociale et juridique, je pense que vous parlez de l’égalité de droits des couples (union civile, adoption, succession). Quand bien même l’homosexualité résulterait d’un choix volontaire et conscient. En quoi cela justifierait-il que des couples homos n’aient pas des droits équivalents aux couples hétéros. Le désir homosexuel ou le renoncement à l’hétérosexualité n’est pas synonyme du renoncement à former un couple. Devenir homosexuel est simplement le désir d’accomplir ce "nous-même" avec un autre de son sexe. De même le désir hétérosexuel ou le renoncement à l’homosexualité n’implique pas de renoncer à former des amitiés avec des personnes de son sexe. Quant au désir d’élever des enfants, il est indépendant de l’orientation sexuelle. Il n’y a pas habituellement de renoncement à la procréation ou à la parentalité dans l’origine du désir homosexuel. D’ailleurs le fantasme de procréation peut être présent dans l’inconscient de personnes de même sexe qui font l’amour.
Ce discours des "opposants" que l’on pourrait résumer par "les homos veulent le beurre et l’argent du beurre" est probablement tenu par ceux là même qui ont renoncé amèrement au cours de leur développement à des désirs homos afin de s’assurer la réalisation de leur vœu à fonder une famille. Le constat que des personnes cherchent à réaliser ces deux types de désirs (désir homos et famille) suscitent en eux l’envie, terreau de la haine.

Vous présentez très longuement les développements modernes de la psychanalyse sur la question de la sexualité et par conséquent de l’homosexualité. A tel point qu’on peut penser que cette discipline, qui n’est pas une science, a plus d’importance encore (pour expliquer que nous ne naissons pas homosexuels) que la neurobiologie, la génétique… Est-ce ce que vous pensez ? Et dans ce cas, n’y a-t-il pas un problème à privilégier ainsi une discipline qui a très largement contribué à ostraciser les homosexuels ?

Les théories neurobiologiques sont peut-être plus faciles à résumer que la psychanalyse où il faut faire davantage attention au poids des mots. Quoi qu’il en soit, l’abord neurobiologique me fait également conclure au caractère essentiellement acquis de l’homosexualité. N’oublions pas que les premiers psychanalystes se sont élevés contre le concept de dégénérescence mentale prôné depuis un siècle à propos de l’homosexualité. Freud refusait de la considérer comme une maladie ou un délit. Certes par la suite, beaucoup de psychanalystes ont remplacé la "dégénérescence" par la perversion, le trouble de personnalité voire la psychose. Pourtant la psychanalyse reste un formidable moyen de compréhension de fonctionnement humain et est surtout un outil très performant pour libérer les individus de leurs entraves psychiques. Mais c’est un art difficile et le meilleur des outils n’est capable de rien sans bon artisan. Hélas, l’épouvantable homophobie sociale et individuelle dans l’occident du XXe siècle n’a pas contaminé que les psychanalystes. Vous savez, les neurobiologistes n’ont pas été les derniers à ostraciser les homosexuels. Jusqu’au milieu du XXe siècle
les traitements hormonaux, les castrations, les lobotomies (ablation d’une partie du cerveau), les chocs électriques, les épilepsies provoquées ont été allègrement utilisés pour "guérir" les individus de leur homosexualité considérée comme la résultante d’un problème neurobiologique. Si j'ai développé davantage la partie consacrée à la psychanalyse par rapport aux autres disciplines c'est qu'il me fallait argumenter avec précision des conceptions psychanalytiques innovantes qui donnent une interprétation autre de l'homosexualité. Et qui vont en effet à contre courant avec les interprétations psychanalytiques erronées, discriminatoires ou pathologisantes qui ont été avancées jusqu'à présent.


D’après votre expérience de médecin et de thérapeute, estimez-vous qu’il est important ou non pour les gays et les lesbiennes de comprendre pourquoi ils sont homosexuels ou elles sont lesbiennes ?

Non. Sauf si eux-mêmes le considèrent. Mais pour se libérer de certaines entraves à un épanouissement personnel ou simplement par curiosité, on peut être conduit à se questionner sur soi, son fonctionnement, et donc sur son histoire personnelle et familiale. Chemin faisant, on croisera certainement alors certains fondements à nos désirs, entrelacés avec les piliers de notre personnalité. Ce peut être aussi l’occasion, pour certains, de réaliser qu’être homosexuel n’est pas une anomalie de développement. Savoir qui l’on est et comment on le devient peut nous apaiser et nous rendre plus fort. Dans les faits, beaucoup d’homos s’interrogent. Ce qui pourrait être
important en revanche c’est que les hétéros se posent au moins une fois la question sur l’origine de leur propres choix et renoncements, ne serait-ce que pour réaliser que les homos et les hétéros ont bien plus de points communs que de différences.

Dans votre conclusion, vous expliquez qu’il ne faut pas confondre l’orientation sexuelle (être homo, hétéro, bi ou autre) et l’identité sexuelle (être homme ou femme). Vous indiquez que la nomination de l’orientation sexuelle n’est rien moins qu’un "étiquetage social" amené à évoluer. Par quels moyens, peut-on le faire évoluer ? Est-il souhaitable qu’il disparaisse ?

Si j’ai en effet conclu là-dessus, c’est pour passer le relais à autrui. Je vous rétrocède donc la question. La vision de l’homosexualité varie d’une culture à une autre. Chez nous, jusqu’à il y a deux siècles, les comportements érotiques de chacun, condamnés ou non, ne conféraient pas une identité. Votre journal, des mouvements associatifs, des politiques, vos lecteurs contribuent, je crois, à faire avancer la réflexion sur la façon dont on pourrait faire évoluer cet étiquetage social afin que les personnes concernées vivent en paix avec eux-mêmes et avec les autres. Si cet étiquetage disparaissait, l’orientation sexuelle d’un individu aurait socialement autant d’importance que la couleur de ses yeux. La question qui se poserait alors serait simplement de savoir si on a envie ou non de plonger son regard dans le sien.



par Centre Gay et Lesbien de Nîmes publié dans : la vie du cgl
Jeudi 12 avril 2007




une charte traitant des droits des LGBT a été  présentée lors des 1er outgames (événement sportif et culturel de dimension internationale) de Montréal 2006.

Declaration of Montréal


Préambule


« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits ». Cette
fameuse première phrase de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme,
adoptée il y a presque 60 ans par l'Assemblée Générale des Nations Unies, est
encore aujourd'hui l'illustration parfaite des revendications des lesbiennes, gais,
bisexuels, transgenres, transexuels, personnes en transition de sexe ou
intersexuées.
Le monde a graduellement accepté que les individus soient différents par leurs
sexes, leurs races ou leurs origines ethniques, et leurs religions, et que ces
différences doivent être respectées et ne pas devenir discriminatoires. Toutefois,
plusieurs pays n'acceptent toujours pas deux autres aspects de la diversité
humaine : que les gens aient, justement, des orientations sexuelles et des identités
de genres différents; que deux femmes ou deux hommes tombent amoureux les
unes et les uns des autres et que l'identité personnelle en tant que femme, homme
ou ni l'un ni l'autre, n'est pas toujours déterminé par le corps avec lequel ont naît.
Le refus d'accepter et de respecter ces différences a pour conséquence une
oppression des LGBT en une réalité quotidienne dans la plupart des régions du
monde. Dans certains pays, la discrimination et la violence faite aux LGBT empire
tous les jours. Il est vrai que de plus en plus, un peu partout sur notre planète, des
individus et des groupes courageux protestent au nom des droits humains des
LGBT. Cela est particulièrement le cas en Asie, en Afrique, en Amérique Latine et en
Europe de l'Est, où ces personnes n'acceptent plus qu'on leur fasse préjudice ou
qu'on les discrimine. Leur impatience croissante les conduit à se révolter afin
d'atteindre la paix et l'égalité. Évidemment, les progrès sont divers et jamais
automatiques. Au plan mondial, nous constatons à la fois des avancées et des
reculs.
Ces avancées dans les exigences des LGBT quant à leurs droits agissent comme des
catalyseurs du changement sur l'ensemble de notre planète : les droits doivent être
protégés, les lois modifiées, de nouvelles politiques mises en place et les pratiques
institutionnelles doivent être adaptées. Les LGBT, en tant qu'individus et groupes,
sont les premiers agents de changement. Toutefois, ce combat ne sera pas gagné
que si nous sommes capables d'avoir des alliés. Le but de cette Déclaration consiste
à dire et à expliquer les changements nécessaires, ainsi qu'à bâtir un plan d'action à
l'échelle mondiale.


1. LES DROITS ESSENTIELS

Une première exigence consiste à sécuriser et protéger les droits les plus élémentaires des LGBT, droits qui doivent être bien établis et sans aucune controverse légale.


a) La protection contre la violence d'État et la violence privée

  À l'heure actuelle, neufs pays punissent encore l'homosexualité par la peine de mort, ce qui, peu importe la raison de l'imposition d'une telle sentence, est, en soi, une violation des droits humains.

En dehors du domaine juridique, nous constatons que dans plusieurs pays la torture et d'autres formes de violence, parfois entraînant la mort, frappent les LGBT simplement parce qu'ils sont des lesbiennes, des gais, des bisexuels ou des transgenres. Ces crimes haineux sont commis par des intervenants privés (avec un soutien actif ou passif d'officiers publics, comme lors de certaines parades gaies), ou par la police, l'armée et même d'autres corps publics. L'augmentation de ce type de crimes contre les LGBT soulève une grande inquiétude; plusieurs États échouent à leur obligation de protéger les LGBT contre cette violence.

 Dans plusieurs parties du monde, des LGBT sont encore forcés d'épouser une personne de sexe opposé contre leur gré et risquent des sentences très lourdes (violence et mort perpétrées par leur propres familles) s'ils essaient d'échapper à ces arrangements. Les mariages forcés sont, indiscutablement, une violation des droits humains qui doit être vaincue.


 Les personnes se déclarant intersexuées confrontent une forme particulière de violence : la mutilation des organes génitaux provoquée par des chirurgies post-natales inutiles afin qu'elles deviennent conformes au modèle binaire traditionnel des caractéristiques sexuelles.

b) La liberté d'expression, d'assemblée et d'association

 Dans un certain nombre de pays, des groupes LGBT de défenses des droits, tout comme des individus, font face à un blocage systématique par les autorités publiques de leurs droits à la libre expression, d'assemblée et d'association. Les parades gaies sont interdites, les journalistes sont emprisonnés, les clubs sont fermées et des ONG ne sont pas reconnues. Sans le droit essentiel pour les organisations non-gourvernementales LGBT de faire sans restrictions et discrimination, il peut devenir impossible de faire campagne en faveur de la réforme des lois discriminatoires. Les militants LGBT ont le droit d'être protégés et appuyés, tout comme celui de s'exprimer sans peur et sans rétorsion, exactement comme tous les autres êtres humains.


c) La liberté de pratiquer des relations sexuelles entre personnes consentantes et adultes de même sexe

 Soixante-quinze pays, soit plus du tiers des pays dans le monde, ont encore des lois criminalisant les relations sexuelles entre personnes adultes et consentantes de même sexe; pratique qui ne lèse personne. Selon les critères internationaux des droits humains, il s'agit d'une violation du droit à la vie privée telle que reconnue par le Comité des Nations Unies sur les Droits de l'Homme dans sa décision Toonen en 1994. Il s'agit également d'une discrimination puisqu'on refuse de reconnaître aux LGBT leurs droits à la dignité et à l'égalité. Même lorsque de telles lois ne sont que faiblement appliquées en pratique, elles stigmatisent, perpétuent des préjugés, encouragent le chantage et l'intimidation et, finalement, servent de justifications pour l'exercice d'autres formes de discriminations.

- Nous pressons la communauté internationale de faire pression sur les gouvernements des pays
qui continuent de violer les droits essentiels des LGBT.


- Nous exigeons un arrêt immédiat des condamnations à mort à l'échelle mondiale et plus
spécifiquement dans les cas de « soi-disant crimes » liés aux relations sexuelles entre adultes
consentants de même sexe.


- Nous exigeons que les gouvernements et les organisations internationales développent et
implantent des politiques effectives de prévention, d'enquête et de punition contre les crimes
haineux basés sur l'orientation sexuelle ou l'identité de genre.


- Nous exigeons que les interventions chirurgicales sur les organes génitaux des personnes
intersexuées soient interdites jusqu'à ce que ces dernières soient en âge de comprendre et de
consentir à un tel geste.


- Nous exigeons que les organisations internationales (sur le plan mondial et régional) effectuent
un relevé systématique de la situation des droits humains des LGBT et rendent largement public ces résultats.

- Nous demandons à la communauté internationale de protéger et de soutenir politiquement, ainsi
que financièrement, les organisations et les individus voués à la défense des droits des LGBT, en
particulier dans les pays où les personnes craignent pour leur vie et leur sécurité quotidienne.


- Nous exigeons que les gouvernements nationaux et les organisations internationales rendent
leurs aides internationales conditionnelles au respect des droits humains, y compris celui des
LGBT.

- Nous exigeons l'abolition des lois criminalisant les relations sexuelles entre adultes consentants de même sexe.


2. LES ENJEUX MONDIAUX

Un monde dans lequel les droits humains des LGBT sont constamment violés est un monde où personne ne peut se sentir en sécurité ni libre. « Tous les droits humains sont universels, indivisibles, interdépendants et intereliés »(Conférence mondiale sur les Droits humains, Wien, 1993).Les LGBT, tout comme leurs activités, existent et continueront d'exister dans toutes les cultures et tous les lieux de notre planète; ils font tout simplement partie de la condition humaine. Combattre l'ignorance et  l'injustice demeure notre priorité. Plus d'information sur les LGBT, ainsi que plus de visibilité de leur part (lorsque cela peut se faire en toute sécurité) sont les conditions d'un progrès futur.

- Nous réclamons une campagne mondiale d'information.

- Nous demandons aux organisateurs de la présente Conférence internationale sur les droits humains des LGBT de lancer une telle campagne lors des 2es Outgames mondiaux Copenhague 2009.
 
- Nous réclamons le soutien des ONG et la sympathie active des gouvernements dans la           préparation et la mise en place de cette campagne.

Les LGBT ne vivent par sur une île isolée, mais font partie intégrante de toutes les sociétés. Ils s'attendent à recevoir une considération à leurs demandes pour la mise en application de politiques publiques. En conséquence, les droits humains des LGBT doivent être discutés dans les débats mondiaux sur les enjeux sociaux et politiques. Cela ne peut se faire que si le mouvement LGBT international participe lui-même à des combats plus larges, comme celui pour le développement du commerce mondial équitable, les droits sociaux et économiques mondiaux ou la lutte pour la paix et la stabilité à l'échelle mondiale. La défense et la promotion des droits humains des LGBT peuvent paraître loin des priorités de ceux, qui à travers le monde se battent contre la pauvreté ou la violence sur une base journalière.

Mais, travailler à surmonter ces inéquités devrait, justement, aussi inclure la lutte des LGBT pour de meilleures conditions de vie. L'un des défis majeurs que nous confrontons est celui de la pandémie du sida/VIH. L?objectif Numéro 6 de développement de l'ONU, « Arrêter la progression du sida/VIH et commencer à renverser sa dissémination », a été endossé par 189 chefs d'États et de gouvernements en l'an 2000, avec la date butoir de 2015. Cela ne peut réussir que par une approche basée sur les droits humains, incluant ceux des LGBT. Criminaliser les activités sexuelles entre personnes de même sexe, enlever le droit d'expression aux LGBT, qui est encore d'usage dans de nombreux pays, ont une incidence directe sur la prévention du sida/VIH. L'accès à l'information, aux services de santé adéquats et à l'élimination de la violence, ainsi que de la discrimination, sont les éléments cruciaux pour la prévention et le traitement de cette maladie.

- Nous pressons les gouvernements pour qu'ils cessent de contrecarrer les groupes LGBT qui diffusent de l'information sur la prévention et le traitement du sida/VIH et, au contraire, qu'ils en prennent la responsabilité conjointe.

- Nous pressons les pays et les organismes donateurs à enrichir leurs programmes internationaux pour la prévention, ainsi que travailler de concert avec les individus et groupes LGBT sur le plan local, afin que nos communautés ne soient pas exclues de cette aide.

- Nous exigeons que soient levés les restrictions basées sur la morale, y compris celles liées à l'usage du condom, dans les fonds dédiés à l'éducation, à la prévention et au traitement du sida/VIH. Le droit d'asile est un autre défi mondial. Notre but premier consiste à oeuvrer pour que, dans  chaque pays, les LGBT aient de bonnes conditions de vie. Ainsi, ces personnes décideront de rester dans leur pays et le fuiront pas de peur pour leur vie. Cependant, chaque pays a l'obligation de donner asile aux personnes persécutées sur la base de leur religion, de leur race ou de leurs opinions politiques. Les LGBT ont aussi une raison valable de craindre la persécution,
par des acteurs d'État ou des acteurs privés. En raison de leur orientation sexuelle ou d'identité de genre, ils doivent pouvoir compter sur la protection définie dans la Convention de Genève sur les réfugiés de 1951. De plus en plus de pays d'ailleurs interprètent la convention en ce sens tout comme le fait le Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. Nous croyons que plus de pays devraient les imiter.

- Nous exigeons que les gouvernements reconnaissent explicitement dans leurs lois et pratiques le « droit d'asile » lorsqu'une raison valable fait craindre la persécution en raison de l'orientation sexuelle.

- Nous exigeons que le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés augmente ses pressions afin que plus d'États mettent en application le « Guide sur la persécution liée au sexe » adopté en 2002.

Le troisième défi à l'échelle mondiale concerne la migration. Les frontières rapetissent de plus en plus, plus de gens voyagent, se font des amis et deviennent amoureux, parfois des partenaires. Pourtant, la plupart des pays rejettent le droit d'immigration à l'un des partenaires dans les couples de même sexe, ce qui est acquis pour les couples de sexe différent. Même les couples de même sexe qui ont des certificats de mariages ou sont enregistrés comme conjoints dans le pays d'origine de l'un des partenaires, ne peuvent être certains que ce statut soit garanti lorsqu'ils émigrent.

- Nous exigeons de nos gouvernements respectifs le droit à la résidence pour nos partenaires venant d'ailleurs et ce dans les mêmes conditions que les couples traditionnels mariés, c'est-à-dire sans discrimination basée sur l?orientation sexuelle ou l'identité de genre.

- Nous exigeons que les traités internationaux en ces matières soient amendés et qu'ils donnent aux couples de même sexe les mêmes droits qu'aux couples de sexe différent.

Les Nations Unies ont, jusqu'à ce jour, étés incapables de reconnaître que les droits humains des LGBT sont des droits humains et ainsi, de les incorporer dans leurs travaux reliés à ce domaine. Certains rapporteurs spéciaux de l'ONU ont pris nos droits en perspective. Toutefois en 2005, la Commission de l'ONU sur les Droits Humains a refusé, pour la troisième fois, de prendre position sur la résolution du Brésil sur « Les Droits humains et l'orientation sexuelle ». Et en 2006, le Conseil économique et social de l'ONU a refusé, pour la troisième fois, de conférer un statut d'organisme consultatif à ILGA  l'Association internationale des lesbiennes et des gais , comme en 1992 et 1994 (alors que le statut conféré en 1993 a été suspendu). Nous allons continuer à frapper à la porte de l'ONU. Nous n'acceptons pas qu'une organisation puisse être fermée à une partie spécifique de la population mondiale et puisse ainsi décider qu'elle ne veut rien savoir de leurs problèmes.

C'est pourquoi nous pressons les gouvernements de prioriser les droits des LGBT dans l'agenda du tout nouveau Conseil des Droits humains de l'ONU, d'y travailler à l'adoption d'un texte qui donne un mandat à ce conseil, ou à toute autre entité de l'ONU, de considérer les droits des LGBT comme faisant partie intégrante de son mandat.

- Nous exigeons que ILGA, ainsi que d'autres organisations LGBT, soient reconnue au même titre que d'autres ONG par le Conseil des Droits humains.

- Nous pressons le Comité des Nations Unies sur les Droits de l'Homme, tout comme d'autres instances, d'intégrer une surveillance systématique des droits humains des LGBT dans leur travail.

- Nous appelons les juristes, les organisations de défense des droits et les ONG a poursuivre l'étude comparative sur la protection des droits des LGBT dans les traités internationaux sur les droits humains existants. Ceci enrichirait certainement la discussion quant à la pertinence d?en arriver à une « Convention des Nations Unies pour l'élimination de toutes les formes de discriminations liées à l'identité de genre et à l'orientation sexuelle ».

- Nous pressons l'ONU afin que toutes ses Procédures spéciales intègrent dans leurs mandats les questions relatives aux droits humains des LGBT.

3. LA DIVERSITÉ DE LA COMMUNAUTÉ LGBT


Notre demande que la majorité hétérosexuelle et non-transgenre respecte les droits humains et la diversité des LGBT, ce qui ne s'arrête pas à notre propre porte. Nous avons aussi le devoir de construire une communauté LGBT qui soit ouverte à tous, qui offre des chances égales à tous, sans égard à leur sexe, leur race, leur religion, leur handicap, leur âge, leur statut économique ou toute autre différence.
Nous devons combattre la discrimination dans nos propres rangs. Nous ne pouvons tolérer ni le sexisme ni le racisme dans notre communauté. Nous sommes musulmans, chrétiens, juifs, bouddhistes, hindouistes, sikhs, noncroyants...et humanistes. Parmi nous existent des différences d'âge, de classes sociales, de statut économique ou physique.
La visibilité et le militantisme croissant des associations LGBT dans les pays du Sud doivent être pris en compte. Nous devons augmenter nos efforts afin que les militants d?Asie, d'Afrique, d'Amérique Latine et d'Europe de l'Est puissent participer sur un pied d'égalité dans notre communauté. À long terme, et selon nos ressources, la représentation du Sud doit augmenter dans les conférences internationales LGBT. Nous ne devons pas oublier que 88 % des LGBT
vivent dans ces régions.
L'inégalité faite aux femmes au sein même de notre communauté est le reflet malheureux de la discrimination dont l'ensemble du sexe féminin souffre dans le monde entier. Malgré tous les progrès réalisés depuis les dernières décennies, les femmes sont encore le deuxième sexe, et les lesbiennes n'y font pas exception. Il nous faut augmenter la coopération avec les mouvements des femmes et capitaliser sur nos bases communes. Nos convergences s'établissent dans notre droit de contrôler nos propres corps et de choisir comment nous voulons vivre nos propres
vies. Notre but commun consiste à casser la rigidité fixée dans les rôles alloués aux femmes et aux hommes, ainsi que la domination et les normes établies dans l'intérêt des mâles hétérosexuels. Ces convergences avec le mouvement féministe ne sont pas marginales, mais forment le coeur même de la lutte des mouvements en faveur des droits humains.

Les transgenres, transsexuels, intersexués et personnes en transition de sexe sont de plus en plus visibles et font partie de notre communauté qui commence à tenir compte de plusieurs de leurs demandes. Les lesbiennes, gais et bisexuels doivent reconnaître que le questionnement de la signification de son sexe et la mise en cause des rôles sexuels rigides sont en fait les deux côtés de la même médaille. C'est pourquoi les défis que confrontent les transgenres doivent être considérés comme partie intégrante de nos luttes pour l'égalité et la dignité.

- Nous recommandons que les organisations LGBT internationales accroissent leurs banques de candidatures à des positions de leadership en offrant des formations, des séminaires d'information aux militants du Sud et d'Europe de l'Est, aux femmes, aux hommes et aux transgenres.

- Nous demandons aux organisateurs de la prochaine Conférence des 2es Outgames mondiaux Copenhague 2009 de faire un effort extraordinaire pour atteindre l'objectif d'une égale participation hommes-femmes, d'augmenter le nombre de participants du Sud, ainsi que ceux issus des minorités ethniques et culturelles, et d'assurer une pleine inclusion aux transgenres et à leurs enjeux.

- Nous souhaitons également qu'il y ait plus d'ateliers touchant le rôle des femmes à l'intérieur comme à l'extérieur de notre mouvement, ainsi que sur les moyens d'augmenter la coopération avec le mouvement féministe.

4. LA PARTICIPATION DANS LA SOCIÉTÉ


a) En général

Dans de nombreux pays, la lutte contre les lois et les pratiques discriminatoires, commencé il y a plus de 50 ans, a connu des succès. Nous pouvons être fiers des victoires du mouvement international des droits humains des LGBT. Les plus notoires sont :

- l'élimination de l'homosexualité de la liste officielle des maladies psychiatriques;

- la longue liste des pays qui ont éliminé les lois criminelles discriminatoires;

- les nouvelles dispositions constitutionnelles qui mentionnent spécifiquement l'orientation sexuelle comme un droit;

- le nombre grandissant de pays, États, provinces, territoires ou villes qui ont aboli la discrimination basée sur l'orientation sexuelle ou l'identité de genre ;

- le nombre de pays, encore peu nombreux, mais grandissant, à avoir légalisé le mariage entre personnes de même sexe ;

- ceux, en nombre plus important, qui reconnaissent l'enregistrement légal des partenaires de  même sexe;

- l'augmentation du soutien de l'opinion publique dans plusieurs pays qui permet ouvertement à des artistes ou des politiciens, par exemple, de vivre en plein jour ;

- ce même changement des opinions publiques qui permettent aux LGBT de vivre leurs vies telles qu'ils l'entendent et sans peur ;

- l'augmentation du nombre d'entreprises privées, y compris des organisations internationales, des syndicats ou des ONG, qui prennent leurs responsabilités en exigeant la protection des droits humains des LGBT dans leur travail régulier.

MAIS...
Ces réussites ne sont qu'un côté de la médaille et ne valent que pour une petite partie de la planète. Bien plus doit être accomplis. Tous les secteurs de nos sociétés doivent être scrutés afin d'en extraire les lois et pratiques qui continuent à meurtrir la participation égalitaire, libre et ouverte des LGBT à la société. Parmi ces secteurs, certaines priorités doivent être avancées par notre mouvement dans chaque pays, dépendant des circonstances locales particulières.

- Nous exigeons que tous les gouvernements développent et implantent des politiques valables dans tous les secteurs de la société afin de combattre la discrimination basée sur l'orientation sexuelles et l'identité de genre. Ceci devrait se faire, de préférence, dans un cadre plus général d'élimination de toute forme de discrimination dans tous les aspects de la vie, mais sans cacher celle qui touche les LGBT.

-  Nous exigeons que de telles politiques mettent l'accent, à la fois sur l'égalité juridique, mettant ainsi fin à l'existence de citoyens de seconde classe, et sur l'égalité sociale pour permettre de combattre ce fléau partout, y compris dans les organismes privés.

- Nous exigeons que nos parlements nationaux tiennent leur gouvernements responsables à ce sujet afin de garantir les droits de tous les citoyens, y compris ceux des LGBT;

- Nous exigeons que les experts et les organisations LGBT soient impliqués dans la préparation et l'application de telles politiques et que leurs effets soient analysés;

- Nous exigeons que les problématiques touchant les LGBT soient notoirement incluses dans la
préparation des lois. Cela signifie que les éventuels effets sur les LGBT soient identifiés et pris en
compte avant que les décisions se prennent ;

Nous pressons les organisations LGBT à un mandat international de :

- poursuivre le relevé des diverses politiques nationales quant à nos droits;
- créer des indicateurs de progrès comparables et d'améliorer leurs bases de données
  documentant les diverses législations et pratiques à travers le monde;
-diffuser l'information quant aux meilleures pratiques.

b) Par secteurs

Le traitement équitable dans l'emploi ou les affaires est une donnée essentielle pour que les LGBT, en tant qu'individus, puissent mener une vie entière, productive, économiquement indépendante et avoir une estime de soi.
Tous doivent combattre la discrimination basée sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre dans les milieux de travail et nous devons travailler ensemble sur des programmes bien précis dont on peut mesurer les effets.

 C'est pourquoi nous endossons les plans d'action adoptés hier durant la conférence « Workers Out ! » et «Out for Business » et appuierons les activités qui y feront suite.

 Nous exigeons que les gouvernements et les corps publics donnent l'exemple en éliminant les pratiques discriminatoires faite à leurs employés LGBT et en fassent la promotion de l'égalité des droits en milieu de travail.


Les LGBT ne consistent pas en des êtres isolés. Ils tombent amoureux, établissent des liens d'amitiés et familiaux  quelque soit la forme. Pour plusieurs d'entre nous, ces relations familiales sont la chose la plus importante dans nos vies. Tant que nos droits à l'égalité ne seront pas acquis légalement, notre dignité ne sera pas réelle ni assurée. Il est vrai que beaucoup de pays veulent nous accorder l'égalité dans tous les domaines de la vie, sauf dans les relations touchant à la famille, nous stigmatisant ainsi comme être inférieur à la norme établie. Les couples de même sexe sont en droit de choisir toutes les options reconnues aux couples traditionnels, y compris le mariage pour ceux qui le désirent. Cela consiste en un simple droit à l'égalité. De façon similaire, les LGBT, individuellement ou en couples de même sexe, qui sont parents, ou qui veulent le devenir, ont droit au même traitement de parentalité hétérosexuels, incluant l'adoption, la garde des enfants et l'usage des moyens reconnus de procréation assistée.
Reconnaître les changements survenus dans les réalités familiales en reconnaissant les relations non maritales exige également que cette reconnaissance soit étendue à tous les couples, peu importe leur orientation sexuelle ou identité de genre.

 C'est pourquoi nous exigeons que tous les gouvernements qui ne l'ont pas encore fait, réforment
fondamentalement leur lois familiales pour qu'elle reflètent la diversité :

- en rendant légal le mariage entre personnes de même sexe;
- en légalisant aussi les partenariats qui unissent des couples non mariés;
- en laissant à tous le droit de choisir leur type de parentalité.

Les institutions en éducation, religions, le rôle des médias et les services de soins de santé sont d'une importance cruciale pour la réussite du combat des LGBT pour leurs droits humains. Chacune des institutions à son rôle à jouer et sa contribution à donner.

Nous exigeons que les autorités gouvernementales compétentes (nationales ou locales) en charge des politiques d'éducation, incluant les commissions scolaires :

- incluent des cours sur les droits humains des LGBT dans le cursus scolaire;
- adoptent des plans d?actions pour combattre l'intimidation et la violence faite aux élèves et aux
éducateurs LGBT.

 Nous exigeons que les médias traditionnels contribuent à briser les stéréotypes et donnent une juste place aux LGBT.

 Nous exigeons que les services de soins de santé et ceux qui les administrent soient ouverts aux traitements spéciaux que nécessitent certains LGBT, qu'ils combattent l'injustice et diffusent l'information sur une base non-discriminatoire.

 Nous exigeons que les gouvernements permettent la pratique de tous les traitements nécessaires aux changements de sexe, qu'ils financent ceux-ci dans la même mesure qu'ils le font pour d'autres traitements médicaux, et qu'ils amendent leur lois afin de permettre aux transgenres de changer de sexe légalement afin de correspondre à leur identité de genre.

 Nous exigeons que les institutions religieuses, tout comme les organisations non-confessionnelles, de mettre en pratique leurs principes de tolérance et d'égalité pour les LGBT qui sont dans leurs rangs et de contribuer à la lutte mondiale pour les droits humains des LGBT.

5. PROVOQUER LE CHANGEMENT SOCIAL


Les changements légaux, politiques ou sociaux qui nous amènent à l'égalité des droits ne sont pas du seul intérêt des LGBT. Dans une société où il existe des oppressés, personne ne peut se sentir vraiment libre et égal. Provoquer le changement que nous désirons doit être le résultat des efforts combinés du mouvement LGBT et d'autres groupes ou organisations qui partagent notre vision et notre objectif.

 Nous appelons les organisations LGBT à poursuivre leur lutte pour nos droits humains, dans tous les pays comme à l'échelle internationale, en :

- mobilisant leur membres et supporteurs, en élargissant leurs territoires et en augmentant leurs
bases financières;
- en faisant la promotion d'une meilleure coopération, coordination et solidarité entre les
communautés LGBT agissant sur un même territoire ou à travers le monde;
- informant plus de LGBT et de non-LGBT du besoin d'action mondiale, et à travers leur sens de la
solidarité;
- construisant des alliances stratégiques et de coopération avec de nouvelles institutions oeuvrant
dans le domaine des droits humains;
- en renforçant leur expertise et leur professionnalisme;
- en encourageant les activités culturelles LGBT afin de pouvoir montrer et diffuser toute la réalité
de la culture LGBT.

 Nous appelons les syndicats, les organisations professionnelles et les ONG oeuvrant à la promotion des droits humains et sociaux à joindre notre combat contre la discrimination, de nous donner leur appui et de partager leurs ressources.

 Nous appelons les entreprises et les multinationales à donner des chances égales à leurs employés, à se préoccuper des besoins de leur clientèle LGBT et à assumer leur rôle social en appuyant la lutte mondiale pour nos droits humains.

' Nous appelons les institutions religieuses ou non-confessionnelles à aider leurs adhérents LGBT à surmonter les préjudices traditionnels et à combattre l'homophobie dans leurs rangs, ainsi que partout ailleurs.

'Nous appelons les fondations et mécènes à s'assurer que les programmes d'aide soutiennent les ONG qui oeuvrent en faveur de l'égalité des droits des LGBT et des objectifs de cette Déclaration.

 Nous pressons les gouvernements de protéger et de promouvoir les droits de tous leurs citoyens, y compris ceux des LGBT.

 Nous pressons la communauté internationale d'inclure les droits humains des LGBT dans l'agenda international des droits humains, ainsi que de protéger et d'appuyer les défenseurs de nos droits.

 Nous pressons les dirigeants sportifs partout à travers le monde pour que la communauté LGBT puisse participer ouvertement et pleinement, sans discrimination aucune, aux activités sportives.

 Et enfin, mais non le moindre, nous appelons tous les pays du monde et les Nations Unies, à déclarer que le 17 mai de chaque année est LA JOURNÉE INTERNATIONALE CONTRE L'HOMOPHOBIE, et d'en faire la promotion.


Voilà ce que sont nos demandes. Leur accomplissement exigera un courage extraordinaire, des sacrifices personnels
et des heures incalculables de travail de la part de milliers de militants LGBT et de nos amis. Il reste que notre but, que
les droits soient égaux pour les LGBT dans tous les pays du monde, peut et doit être atteint.





par Centre Gay et Lesbien de Nîmes publié dans : Politique
Lundi 2 avril 2007
par Centre Gay et Lesbien de Nîmes publié dans : Festival LGBT
Mardi 27 mars 2007

le 23 , 24 et 25 mars 2007 a  eu lieu le SIDACTION.

Voici  l'occassion de faire un petit rappel de prévention...


Préservatifs, gel et digues dentaires


pour qu'il y ait contamination, il faut :  présence du virus , une porte d'entrée (plaie, muqueuse)  un moyen de transport (sang, sperme) Donc pour éviter la contamination, il faut empêcher l'accès à la porte d'entrée.


Le propos ici est de rappeler le B.A. BA de la prévention lors d'un rapport sexuel.


 (JPG)Donc pour tout rapport où le pénis entre en jeu (le petit coquin !!), pensez à l'habiller. Il faut sortir
délicatement la capote de son emballage, afin de ne pas la déchirer. Le preso ne se pose convenablement que sur un sexe en érection (mais je suis sûr qu'il l'est déjà) et décalotté (pour les non-circoncis). Une goutte de lubrifiant au fond du préso rend le rapport plus agréable. Ensuite déroulez le préso sur le sexe (le votre ou un autre) en pinçant le bout afin de chasser l'air et de ménager un espace pour recueillir le sperme. Le sexe doit être entièrement recouvert et le préservatif ne doit pas vriller.

 Si vous avez cochez l'option "fellation" vous pouvez rentrer (ou ouvrir la bouche). Si l'option "sodomie" est activée, les préparatifs ne sont pas finis : lubrifiez abondamment le préservatif avec un gel à base d'eau, sans oublier de décontracter l'anus du pénétré en utilisant également du gel. La glisse n'en sera que meilleure, et vous éviterez ainsi les risques de rupture si l'action devient plus violente. ATTENTION !!!! Il faut utiliser impérativement un gel à base d'eau et en aucun cas un corps gras (vaseline, beurre, crème solaire ou certaine crème vendue en sex-shop [E..G.. par exemple]) car les corps gras rendent le latex de la capote poreux et donc inefficace à faire barrière, sans parler des risques de ruptures que l'on veut justement éviter.


Maintenant c'est tout bon, à vous de jouer. Une dernière chose, lors du retrait, pensez à maintenir le préservatif à la base du sexe, pour ne pas "l'oublier".


Si le pénis n'est décidément pas votre truc car vous préférez le cunnilingus, là aussi les précautions s'imposent. De deux choses l'une, soit vous disposez de digues dentaires, ces carrés de latex qu'on utilise en chirurgie dentaire, soit vous n'en disposez pas. Si vous avez ça sous la main, rien de plus simple : lubrifiez le latex du coté à appliquer sur le sexe, puis maintenez la digue sur le sexe de votre partenaire (ou inversement) durant le cunnilingus. Là encore le lubrifiant à employer est un gel à base d'eau. Les inconvénients de la digue dentaire sont qu'elle n'est pas facile à trouver, qu'elle coûte cher, et que le latex est assez épais (pas terrible coté sensation). Donc si pour l'une de ces raisons vous n'avez pas de digue dentaire, vous pouvez en "fabriquer" avec des préservatifs. C'est facile et ça fait E.M.T. comme au collège : munissez-vous d'un préservatif soigneusement déballé (pour pas déchirer) et d'une paire de ciseaux. À l'aide des ciseaux, coupez le réservoir, puis découpez le préservatif dans le sens de la hauteur. Y a plus qu'à dérouler pour obtenir un carré de latex et retour à la phase "lubrifiant". L'inconvénient c'est que ce genre de travaux manuels en préliminaires risque de vous casser votre coup ou vos envies, alors préparez votre carré à l'avance et gardez le non déroulé dans un petit sac plastique fermé hermétiquement. Attention toutefois, le latex se détériore au contact de l'air et de la lumière, donc pas la peine de faire tout un stock longtemps à l'avance.

Le carré de latex est aussi utile lors d'un anulingus (feuille de rose) car cette pratique, si elle ne présente que peu de risque pour la contamination à VIH, est au contraire à fort risque pour la contamination à d'autres MST (Herpes, Hépatites...)


Ces bases étant bien assimilées, amusez-vous, mais n'oubliez pas d'imaginer, d'innover, d'inviter. Il existe quantité de pratiques toutes aussi jouissives et sans risque.


 


par Centre Gay et Lesbien de Nîmes publié dans : la vie du cgl
Mardi 27 mars 2007

Le Corydon d’André Gide

En 1911, André Gide (1869-1951) publie Corydon de manière anonyme. Pour la première fois dans l’histoire de la littérature française, un auteur fait nommément l’apologie de l’amour entre hommes. S’appuyant sur des exemples scientifiques, il retrace l’amour grec et condamne l’hétérosexualité dominante: « Dans nos mœurs, tout prédestine un sexe vers l’autre, tout enseigne l’hétérosexualité, tout y provoque: théâtre, livre, journal ». Treize ans plus tard, en 1924, il réédite son ouvrage, en le signant cette fois de son nom. C’est le scandale: son oeuvre est jugée démoniaque, et tenue pour responsable de la dégradation des mœurs. En 1926, il reconnaît être l’auteur de Si le grain ne meurt, livre dans lequel il décrit sa première relation homosexuelle en Afrique du Nord. Marié par convention à une femme qu’il n’aimait pas, Gide se liera en 1915 avec Marc Allégret (1900-1973), alors âgé de quinze ans. Plus tard, Allégret fera débuter Alain Delon et Jean-Paul Belmondo à l’écran, et signera quelques monuments du cinéma français (Entrée des artistes, avec Louis Jouvet, 1938; Sois belle et tais-toi, et Un drôle de dimanche, 1958).

 

L’amour de Gide se caractérise par sa pédérastie. Il déteste les « invertis » adultes et les couples formés d’un « Jules et d’une folle ». Toute sa vie, il aura des relations avec de jeunes prostitués. Malgré des mœurs qui font scandale, André Gide reçoit le Prix Nobel de Littérature en 1947, quatre ans avant sa mort.

 


par Centre Gay et Lesbien de Nîmes publié dans : Arts et Littérature

La vie du CGL

INFORMATIONS

Recherche

Calendrier

Novembre 2008
L M M J V S D
          1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30
             
<< < > >>

Newsletter

Inscription à la newsletter

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Liens

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus